Recours aux soins : l’importance de l’hébergement/ du logement et de la couverture maladie

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Recours aux soins : l’importance de l’hébergement/ du logement et de la couverture maladie

Recours aux soins : l’importance de l’hébergement/ du logement et de la couverture maladie

De fortes disparités entre femmes et hommes

85% des enquêtes déclaraient avoir consulté un médecin au cours des 12 derniers mois, ce qui est à peine inférieur à la population générale (92%). Cependant, le niveau de santé perçu reste bien moindre « seuls 55% des sans domicile s’estiment en bonne ou très bonne santé », contre 69% en population générale. Concernant le lieu où s’est déroulée leur dernière consultation, 60% des enquêtés mentionnent un cabinet médical et 22% l’hôpital.

Le recours aux soins diffère selon les sexes : 21% des hommes déclarent ne pas avoir vu un médecin dans l’année contre 6% des femmes. Contrairement à ce qui est observé en population générale, ce recours aux soins n’est pas plus fréquent avec l’âge, au contraire : 24% des 60 ans ou plus n’ont pas vu de médecin depuis un an ou plus.

Un faible recours aux soins dentaires

Le recours aux soins dentaires est moins fréquent que celui aux soins généralistes : 37% des sans domicile interrogés n’étaient pas allés chez le dentiste au cours des deux dernières années, et 7% ne s’y étaient jamais rendus. Ces pourcentages peuvent expliquer en partie la plus mauvaise santé bucco-dentaire des sans domicile : 46% des enquêtés ayant perdu une partie de leurs dents et 59% de ceux qui déclarent les avoir perdues toutes ou presque indiquent ne pas avoir consulté depuis au moins deux ans, contre environ 33% de ceux qui ont toutes leurs dents, intactes ou traitées.

Des hospitalisations en urgence dans plus de 72% des cas

Un tiers des répondants disent avoir été hospitalisés au moins une fois durant l’année écoulée, dans le cadre d’une hospitalisation de jour, d’une hospitalisation incluant au moins une nuit à l’hôpital ou d’une hospitalisation à domicile (HAD) pour les personnes hébergées. Dans plus de 72% des cas, les enquêtés interrogés rapportent qu’il s’agissait d’une hospitalisation en urgence.

Un sans domicile sur dix sans couverture maladie

Pour les répondants ayant déclaré ne pas avoir consulté de médecin dans l’année, deux motifs de renoncement émergent : « le coût trop élevé » et « l’absence d’assurance maladie ou de papiers nécessaires ».

Parmi les enquêtés qui n’ont consulté aucun médecin lors des douze derniers mois, 24% n’ont pas de couverture médicale.

Un sans domicile sur 10 déclarait ne bénéficier d’aucune couverture maladie et un sur quatre d’aucune complémentaire santé. Une disparité existe selon la nationalité : parmi les sans domicile de nationalité étrangère, 16% ne disposait pas de couverture maladie et 29% n’avaient pas de complémentaire santé

De plus, la couverture maladie influe sur le lieu de consultation : 73% des enquêtés ayant souscrit une mutuelle, une assurance privée ou disposant d’une aide à la complémentaire santé et 68% de ceux ayant la CMU-C expliquent s’être rendus dans un cabinet médical pour leur dernière consultation chez un médecin.

A contrario, l’étude estime que les sans domicile sans complémentaire santé, les bénéficiaires de l’AME et ceux sans couverture maladie se tournent davantage vers les lieux de consultation s’adressant aux personnes précaires ou sans domicile (centres d’hébergement ou foyers, dispensaires, centres de santé, PASS, associations comme Médecins du Monde, etc.).

L’importance de l’hébergement/du logement dans le recours aux soins

Selon la Drees, « dormir dans la rue, en haltes de nuit ou en accueil de jour sans possibilité de couchage » augmente significativement le risque de non-recours comparé aux sans-domicile ayant passé la nuit précédente dans un logement mis à disposition par une association. De plus, l’ancienneté dans le dispositif d’hébergement provisoire peut expliquer le non-recours : parmi les sans domicile de 60 ans ou plus fréquentant depuis moins de six mois les services d’hébergement provisoire, 40% déclarent ne pas avoir vu de médecin dans l’année écoulée contre 13% parmi ceux présents depuis au moins deux ans. D’où la nécessité d’offrir des solutions pérennes aux personnes.

Le taux de couverture maladie des sans domicile est d’autant plus élevé que leurs conditions d’hébergement sont stables : ils sont 96% parmi les enquêtés ayant bénéficié d’un logement fourni par une association, entre 91% et 92% parmi ceux ayant dormi dans une chambre d’hôtel ou dans un centre d’hébergement, et seulement 62% parmi les enquêtés ayant dormi dans la rue ou dans un centre d’accueil sans possibilité de couchage.

75% des enquêtés ayant dormi la veille dans un logement fourni par une association précisent que leur dernière consultation chez le médecin s’est déroulée dans un cabinet, ce qui ne concerne que 56% de ceux ayant dormi en dortoir dans un hébergement collectif, 48% pour ceux ayant passé la nuit dans une chambre d’hôtel et seulement 34% parmi ceux ayant déclaré avoir dormi dans la rue, une halte de nuit ou un accueil de jour sans possibilité de couchage. C’est pour ces derniers que le recours à l’hôpital est le plus élevé dépassant 32% contre 14% pour ceux ayant dormi la veille dans un logement mis à disposition.

Pour aller plus loin sur le sujet, l’étude de la DREES dans son intégralité...

 

Sources : Fnars.org

 


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